La thérapie EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing ou désensibilisation et reprogrammation par des mouvements oculaires) est une forme de traitement des traumatismes découverte par Francine Shapiro aux États-Unis en 1987.
Initialement utilisée pour le traitement des traumatismes de guerre vécus par les GIs au Viêt Nam, son efficacité est aujourd’hui reconnue pour la résolution des états de stress post-traumatiques (ESPT) tant chez les victimes de conflits de guerre, que dans les traumatismes civils comme les viols, les accidents, les traumatismes liés à la maladie, à des évènements de l’enfance ou familiaux.
Il s’avère actuellement que L’EMDR peut être utilisée comme traitement de tous les évènements indésirables que nous avons été amenés à vivre et qui n’ont pu être traités correctement par le psychisme, ce qui les amène à avoir un effet de trauma ou d’inhibition.
Cette technique a fait et fait encore l’objet de beaucoup d’études (notamment les recherches menées par l’administration américaine chargée des anciens combattants et qui ont confirmé son efficacité) et se trouve très documentée par la littérature scientifique.
Elle est reconnue par l’OMS depuis juillet 2012 et recommandée comme traitement des états de stress post-traumatiques par la Haute Autorité de Santé (HAS) française.
Comment fonctionne l’EMDR ?
Il s’agit, par l’utilisation de « stimulations bilatérales alternées », comme par exemple des mouvements oculaires rapides de droite à gauche ou des tapotements symétriquement sur les genoux, d’amener naturellement la partie du cerveau appelée le néo-cortex à intégrer des événements traumatiques trop forts pour avoir été assimilés par lui initialement. Lorsque ces évènements ne sont pas intégrés par le néo-cortex, ils restent bloqués au niveau d’une autre système cérébral, le système limbique ou cerveau émotionnel et peuvent alors donner lieu à de nombreux symptômes.
On pense que ce qui s’est passé durant un traumatisme est un mauvais traitement de l’information traumatique par le cerveau, du fait de la trop grande violence du trauma, d’un moment de vulnérabilité émotionnelle, affective ou physique, d’une sensibilité particulière ou éventuellement de situations traumatiques relativement peu violentes mais répétitives.
Les symptômes consécutifs à un ou à plusieurs événements traumatiques peuvent être des phobies, des crises de panique ou de peurs incontrôlées, de l’angoisse, des inhibitions, des insomnies, parfois même des douleurs physiques.
Il est important de souligner que l’EMDR remet en fonctionnement le système naturel de traitement des informations par le psychisme. Beaucoup d’études suggèrent que le fonctionnement de l’EMDR reprend le mode de traitement naturel de l’information qui a lieu pendant le rêve dans la phase de sommeil paradoxal (REM). C’est durant cette phase de sommeil que s’effectue la répartition mémorielle du souvenir, et que l’on observe, d’ailleurs, des mouvements oculaires comparables à ceux utilisés en EMDR.
Le traitement a lieu en plusieurs phases qui sont :
- Une phase où le psychothérapeute recueille ce qu’il en est de l’événement traumatique ou préoccupant et des liens qui peuvent exister éventuellement avec d’autres évènements antérieurs. Il vérifie aussi que le traitement est adapté au patient, ce qui n’est pas toujours le cas.
- Une phase de préparation du traitement où divers éléments pratiques et modalités du traitement sont expliqués et mis en place.
- Une phase d’évaluation, notamment de l’émotion et des atteintes de la confiance en soi liés au traumatisme.
- La phase de traitement proprement dite, dite phase de désensibilisation, qui peut se dérouler sur plusieurs séances.
À lire :
- Des yeux pour guérir : EMDR : la thérapie pour surmonter l’angoisse, le stress et les traumatismes de Francine Shapiro et Margot Silk Forrest (Seuil, 2005).
- Guérir de David Servan-Schreiber (Pocket, 2005).
- EMDR, une révolution thérapeutique de Jacques Roques (Desclée de Brouwer, 2003).
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